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La miniaturisation japonaise : le Canon X-07

Ces japonais n'auront décidément jamais cessé de faire preuve d'une avance impressionnante sur leur époque. En plein coeur de cette décennie des eighties, la portabilité de la machine est pour l'homme un véritable enjeu. Passe encore pour des IBM PC dans un bureau de secrétaire, mais comment imaginer un représentant ou un scientifique se déplacer constamment en tenant à bout de bras l'un de ces transportables au look certes professionnel, mais si encombrants et lourds ? Dès la fin de la décennie précédente, Casio et Sharp avaient frappé un grand coup avec leurs séries respectives des FX et des PC. Surfant aisément sur la vague du nouveau concept des ordinateurs de poche, ces compagnies ont alors décliné leurs modèles de base en bien des rejetons de toutes catégories et plus ou moins adaptés à toutes les bourses. Cependant, l'écran LCD intégré à ces petits bijoux de technologie, en plus de n'afficher que du texte, ne comportent tout bonnement qu'une ligne. C'en est trop pour Canon, qui décide à son tour de se lancer dans l'aventure. Avec son X-07, la firme japonaise met d'accord une bonne partie de ses clients potentiels. L'écran propose des possibilités graphiques très appréciables (du simple affichage de points au tracé de lignes ou de cercles), le tout sur quatre lignes facilement adaptables grâce à une commande en Basic (le langage est intégré à la machine), nommée Console. Cette dernière accepte de nombreux paramètres qui ne gèrent pas seulement les graphismes mais aussi le son entre autres. Venons-en justement à l'un des aspects les plus sommaires de cet ordinateur de poche, le petit buzzer intégré dans la coque. Celui-ci est activable et désactivable une nouvelle fois grâce à la commande Console suivie des arguments requis. Le volume peut être modifié logiciellement, mais aussi, et bien plus facilement, par le biais d'une molette. La gamme de fréquences sonores traitée par ce haut-parleur s'étend suffisamment pour que l'utilisateur puisse exacerber ses talents de Jean-Michel Jarre, ceci dit sans plus. De cet ordinateur, on aura plutôt tendance à dire qu'il est "portatif". En effet, avant de s'attaquer à la suite des équipements proposés par le X-07, attardons-nous sur le concept d'ordinateur de poche. Si l'on en suit une terminologie stricte malgré tout à peu près respectée par les principaux constructeurs, ce sont des ordinateurs qui tiennent dans n'importe quelle poche digne de ce nom. Or, le X-07 est bien loin de respecter cette caractéristique déterminante. Ainsi, sur la boîte de la machine, les Français l'appellent "ordinateur portatif" tandis que les Anglais le nomment "handheld computer" (littéralement, "ordinateur tenu dans la main", les allemands le dénommant "tragbarer Computer" ("ordinateur que l'on peut porter") et les espagnols, "computador de mano" ("ordinateur à mettre dans les mains"). Que cette digression linguistique puisse convaincre les plus dubitatifs du caractère portatif du X-07 ! De nombreux périphériques ont été commercialisés pour cette machine, de la simple carte de mémoire sauvegardée grâce à une pile au lithium aux cartes de programmes en passant par du matériel de pointe comme une paire de coupleurs infrarouge destinés à faire communiquer deux X-07 ensemble à quelques mètres de distance. Et ces machines de rêve le méritaient bien, tant elles avaient l'air solide et semblaient fournies en possibilités d'extension. En faisant un rapide tour du propriétaire, on relève la présence d'un port parallèle, d'un port série et d'un port d'extension à 40 broches (on peut y brancher un câble IDE, ce qui pourrait donner à certains l'idée d'une bidouille pour sauvegarder ses programmes sur disque dur). Fourni d'origine avec 8 kilo-octets de mémoire vive, le X-07 accepte un chip de 8 kilo-octets et une carte d'extension de 16 kilo-octets pour un maximum théorique de 32 kilo-octets. Certains ont cependant relié au port parallèle des artefacts plus artisanaux mais tout aussi fonctionnels. D'un poids de 600 grammes environ (un peu plus avec les quatre piles bâton LR6, choix très judicieux comparé aux piles plates CR2032 utilisées dans la majorité des ordinateurs de poche de l'époque ; l'autonomie est par ailleurs excellente) , le X-07 pouvait presque se transformer en un ordinateur de bureau lorsqu'on lui adjoignait une imprimante thermique et une table traçante. Comble, il était même possible de la relier à une télévision couleur grâce à une interface dédiée. Il fallait cependant mettre la main au porte-monnaie. On aura gardé le meilleur pour la fin, à savoir le port qui accueille un lecteur de cassettes. Comme chez tous les concurrents, il était le plus plébiscité par le particulier, pour qui le lecteur-enregistreur de cassettes restait la solution la moins onéreuse pour stocker quelques programmes maison. D'un format quelque peu exotique, il demeure parfaitement exploitable par quiconque ne dispose pas du câble nécessaire mais sait jouer du fer à souder. Concernant les aspects plus terre-à-terre, le clavier est de bonne facture, avec des touches assez larges pour permettre une saisie correcte pour un ordinateur de poche. Un bip court et rapidement énervant ponctue chaque pression sur une touche. Heureusement, jamais deux sans trois, la fameuse instruction Console désactivera ce son des plus horripilants. Par l'intermédiaire des trois touches libellées "Shift", "Num" et "Grph", on bascule entre les différents modes que propose le clavier. Aux caractères de base s'ajoutent donc un pavé numérique des plus utiles et des symboles graphiques en tout genre. Le langage de programmation intégré est bel et bien le Basic. Il est riche en fonctions, commandes et opérateurs. Le X-07 est tout de même plus un ordinateur qu'une calculatrice, d'où le manque effarant de fonctions géométriques, trigonométriques ou statistiques par exemple. La commande FSET autorisait par contre la sauvegarde directe de données dans une zone mémoire réservée par l'utilisateur. Cela économisait des cassettes et du temps pour la lecture et l'écriture du programme. Accompagné à l'origine de trois excellents manuels d'initiation et du rudiments de mise en fonction, le X-07 a toujours été un ordinateur plaisant à utiliser. Il se murmure parfois que certains les utilisent encore avec autant de panache qu'à leur premier jour.

Ordinateur portatif trouvé au marché aux puces de Wiwersheim.
Vous aussi, mettez du panache dans vos commentaires !
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# Posté le mercredi 01 juillet 2009 04:53

Modifié le mardi 25 août 2009 11:42

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