La miniaturisation japonaise : le Canon X-07

Ces japonais n'auront décidément jamais cessé de faire preuve d'une avance impressionnante sur leur époque. En plein coeur de cette décennie des eighties, la portabilité de la machine est pour l'homme un véritable enjeu. Passe encore pour des IBM PC dans un bureau de secrétaire, mais comment imaginer un représentant ou un scientifique se déplacer constamment en tenant à bout de bras l'un de ces transportables au look certes professionnel, mais si encombrants et lourds ? Dès la fin de la décennie précédente, Casio et Sharp avaient frappé un grand coup avec leurs séries respectives des FX et des PC. Surfant aisément sur la vague du nouveau concept des ordinateurs de poche, ces compagnies ont alors décliné leurs modèles de base en bien des rejetons de toutes catégories et plus ou moins adaptés à toutes les bourses. Cependant, l'écran LCD intégré à ces petits bijoux de technologie, en plus de n'afficher que du texte, ne comportent tout bonnement qu'une ligne. C'en est trop pour Canon, qui décide à son tour de se lancer dans l'aventure. Avec son X-07, la firme japonaise met d'accord une bonne partie de ses clients potentiels. L'écran propose des possibilités graphiques très appréciables (du simple affichage de points au tracé de lignes ou de cercles), le tout sur quatre lignes facilement adaptables grâce à une commande en Basic (le langage est intégré à la machine), nommée Console. Cette dernière accepte de nombreux paramètres qui ne gèrent pas seulement les graphismes mais aussi le son entre autres. Venons-en justement à l'un des aspects les plus sommaires de cet ordinateur de poche, le petit buzzer intégré dans la coque. Celui-ci est activable et désactivable une nouvelle fois grâce à la commande Console suivie des arguments requis. Le volume peut être modifié logiciellement, mais aussi, et bien plus facilement, par le biais d'une molette. La gamme de fréquences sonores traitée par ce haut-parleur s'étend suffisamment pour que l'utilisateur puisse exacerber ses talents de Jean-Michel Jarre, ceci dit sans plus. De cet ordinateur, on aura plutôt tendance à dire qu'il est "portatif". En effet, avant de s'attaquer à la suite des équipements proposés par le X-07, attardons-nous sur le concept d'ordinateur de poche. Si l'on en suit une terminologie stricte malgré tout à peu près respectée par les principaux constructeurs, ce sont des ordinateurs qui tiennent dans n'importe quelle poche digne de ce nom. Or, le X-07 est bien loin de respecter cette caractéristique déterminante. Ainsi, sur la boîte de la machine, les Français l'appellent "ordinateur portatif" tandis que les Anglais le nomment "handheld computer" (littéralement, "ordinateur tenu dans la main", les allemands le dénommant "tragbarer Computer" ("ordinateur que l'on peut porter") et les espagnols, "computador de mano" ("ordinateur à mettre dans les mains"). Que cette digression linguistique puisse convaincre les plus dubitatifs du caractère portatif du X-07 ! De nombreux périphériques ont été commercialisés pour cette machine, de la simple carte de mémoire sauvegardée grâce à une pile au lithium aux cartes de programmes en passant par du matériel de pointe comme une paire de coupleurs infrarouge destinés à faire communiquer deux X-07 ensemble à quelques mètres de distance. Et ces machines de rêve le méritaient bien, tant elles avaient l'air solide et semblaient fournies en possibilités d'extension. En faisant un rapide tour du propriétaire, on relève la présence d'un port parallèle, d'un port série et d'un port d'extension à 40 broches (on peut y brancher un câble IDE, ce qui pourrait donner à certains l'idée d'une bidouille pour sauvegarder ses programmes sur disque dur). Fourni d'origine avec 8 kilo-octets de mémoire vive, le X-07 accepte un chip de 8 kilo-octets et une carte d'extension de 16 kilo-octets pour un maximum théorique de 32 kilo-octets. Certains ont cependant relié au port parallèle des artefacts plus artisanaux mais tout aussi fonctionnels. D'un poids de 600 grammes environ (un peu plus avec les quatre piles bâton LR6, choix très judicieux comparé aux piles plates CR2032 utilisées dans la majorité des ordinateurs de poche de l'époque ; l'autonomie est par ailleurs excellente) , le X-07 pouvait presque se transformer en un ordinateur de bureau lorsqu'on lui adjoignait une imprimante thermique et une table traçante. Comble, il était même possible de la relier à une télévision couleur grâce à une interface dédiée. Il fallait cependant mettre la main au porte-monnaie. On aura gardé le meilleur pour la fin, à savoir le port qui accueille un lecteur de cassettes. Comme chez tous les concurrents, il était le plus plébiscité par le particulier, pour qui le lecteur-enregistreur de cassettes restait la solution la moins onéreuse pour stocker quelques programmes maison. D'un format quelque peu exotique, il demeure parfaitement exploitable par quiconque ne dispose pas du câble nécessaire mais sait jouer du fer à souder. Concernant les aspects plus terre-à-terre, le clavier est de bonne facture, avec des touches assez larges pour permettre une saisie correcte pour un ordinateur de poche. Un bip court et rapidement énervant ponctue chaque pression sur une touche. Heureusement, jamais deux sans trois, la fameuse instruction Console désactivera ce son des plus horripilants. Par l'intermédiaire des trois touches libellées "Shift", "Num" et "Grph", on bascule entre les différents modes que propose le clavier. Aux caractères de base s'ajoutent donc un pavé numérique des plus utiles et des symboles graphiques en tout genre. Le langage de programmation intégré est bel et bien le Basic. Il est riche en fonctions, commandes et opérateurs. Le X-07 est tout de même plus un ordinateur qu'une calculatrice, d'où le manque effarant de fonctions géométriques, trigonométriques ou statistiques par exemple. La commande FSET autorisait par contre la sauvegarde directe de données dans une zone mémoire réservée par l'utilisateur. Cela économisait des cassettes et du temps pour la lecture et l'écriture du programme. Accompagné à l'origine de trois excellents manuels d'initiation et du rudiments de mise en fonction, le X-07 a toujours été un ordinateur plaisant à utiliser. Il se murmure parfois que certains les utilisent encore avec autant de panache qu'à leur premier jour.

Ordinateur portatif trouvé au marché aux puces de Wiwersheim.
Vous aussi, mettez du panache dans vos commentaires !
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# Posté le mercredi 01 juillet 2009 04:53

Modifié le mardi 25 août 2009 11:42

Jamais deux sans trois : le retrogaming

Jamais deux sans trois : le retrogaming
C'est après une période de disette de quatorze longs mois que la collection s'est à nouveau livrée à une petite partie d'exhibitionnisme rétro au lycée Freppel. Pour la troisième année consécutive, les visiteurs, toujours aussi peu nombreux mais définitivement fidèles (on a pu reconnaître bien des visages, aguerris comme jamais de constater que l'atelier aurait une nouvelle fois sa place dans le panel des animations proposées), ont pu profiter d'une après-midi dédiée au retrogaming. De 12 jeux la première année et 18 la seconde, le contingent est passé à 22 pour cette année. Un gros boulot d'installation donc, mais effectué sans rechigner par une dream team à couper le souffle aux plus grands sportifs. Quant au personnel administratif, il a cette année affiché une joie non dissimulée à accueillir quelques-uns des anciens élèves, reconvertis pour l'occasion en installateurs de luxe. Un petit nouveau cette année dans l'équipe, le dénommé Victor. Mais l'on s'attardera en détail sur la composition de cette équipe de choc à la fin de l'article, comme à l'accoutumée. En effet, rédiger un petit article par an sur cette manifestation de solidarité en devient presque une habitude. Cette année en tout cas, l'ensemble a été ingénieusement sonorisé par Mathieu, fidèle au poste avec un mini-chaîne qui, sans faire d'inénarrables émules, a su agrémenter l'atmosphère déjà résolument rétro de quelques chansons des années 80. Concernant les jeux proposés, on retrouvait évidemment des valeurs sûres comme Super Mario Bros (qui a une nouvelle fois retenu l'attention du jeune Cédric), TI Invaders (l'un des meilleurs portages du légendaire Space Invaders sur micro-ordinateur) ou encore Breakout, casse-briques sur Atari 2600. Peu de défauts ou d'erreurs de parcours à déplorer ou même à signaler, tant la coordination entre les membres de l'équipe d'installation a été remarquable. Tout au plus aura-t-il fallu s'y reprendre à deux ou trois fois pour former une chaîne de multiprises solide et la plus courte possible, le stock de rallonges étant limité... Du mythique Sonic The Hedgehog (sur une Megadrive II dézonée en Genesis américaine pour l'occasion, permettant un passage en 60 Hertz et une vitesse de jeu accrue) à l'émérite jeu de tir à la première personne qu'est Doom (proposé sur une Playstation reliée à un écran monochrome vert, ce qui offrait un rendu de qualité à la simili-Matrix) en passant par Columns (le concurrent de Tetris, version Master System celui-là), tous les genres majeurs du jeu vidéo étaient représentés. Alors que les purs et durs s'essayaient avec hardiesse et détermination à un Streets of Rage détonant en multijoueurs pour ensuite se diriger, non rassasiés, vers One Must Fall (jeu de combat de robots sur PC), d'autres, plus hésitants, moins joueurs peut-être, jetaient un coup d'oeil intéressé à une table sur laquelle on trouvait des consoles portables (Game Boy, Supervision, Game Gear, Microvision et Game Boy Color) et même quelques tabletops ou jeux à diodes (un Defender de Gakken, un Invader 1000 de Lansay, ou un Puck Monster de la même enseigne). Il n'en reste pas moins que tout le monde, sans grande exception, a su trouver son bonheur dans une marée de jeux vidéo. Replongeons-nous dans ce duel épique entre Anastasia et Mathilde sur le jeu Dynablaster, un clone de Bomberman qui tournait pour l'occasion sur un Amiga 500. Stéphane arriva bien rapidement pour dissiper ce sentiment de fierté qui semblait naître chez ces deux adversaires d'un jour qui venaient tout juste de comprendre le but du jeu. Dans un autre genre tout aussi louable, on aura pris le soin de noter la présence ponctuelle, habituelle même, de Mathieu et Yann sur Streets of Rage. Certains jeux n'auront cependant pas convaincu un public qui les avait pourtant plébiscités l'année dernière encore. C'est notamment le cas d'un Fruity Frank dangereusement vieillissant, même dans un seyant Amstrad CPC 664 qui, faute d'un lecteur de disquettes 3 pouces fonctionnel, s'était vu adjoindre le montage à la con de la journée : un lecteur 3,5 pouces externe accompagné d'une nappe rapidement bidouillée et d'une alimentation PC pour le moins encombrante et qui lui délivrait ses cinq malheureux Volts. Au chapitre des classiques, Shufflepuck Café n'a résolument pas eu l'occasion de frustrer son public. Il faut dire que le Macintosh Classic qui l'hébergeait était un peu caché au milieu de grands écrans Commodore. Il y eut malgré tout de grandes satisfactions comme les deux consoles Pong placées côte à côte : chacune a travaillé l'après-midi durant, bien que la recherche de la fréquence exacte sur laquelle elles émettaient leur faible signal vidéo ne fût un sacerdoce digne d'un travail forcé. Les quelques professeurs de passage se sont d'ailleurs essayés à ce classique de leur enfance. M. Audebert, professeur d'Anglais, n'a toujours pas remporté un set. Il s'est en effet incliné 15 à 14 lors du premier (avec de grandes raquettes, un angle de rebond maximal et la vitesse maximale), avant de littéralement couler lors du second, pour terminer sur un étonnant 15 à 2 (avec de petites raquettes cette fois). Aux côtés du grand Pong, un autre jeu dont le nom seul suffit à évoquer bien des souvenirs dans l'esprit des plus âgés : Pacman. Le vrai, l'unique, sur Atari 2600. Ses graphismes incomparables n'ont pas laissé de marbre les amateurs du genre qui se sont délectés à parcourir les labyrinthes à la recherche des pastilles à gober, tout en évitant, faut-il vraiment le préciser, les quatre fantômes (Inky, Blinky, Pinky et Sue, quelques-uns des nombreux noms qu'on a pu leur accorder). Dans un tout autre genre, on est bien loin des jeux de sport commerciaux et sans saveur dont une nouvelle édition sort chaque année, sans grande prétention, si ce n'est de vendre plus que son concurrent, au détriment des licences, des graphismes, ou pire encore, du fond de jeu : Sensible Soccer sur Super Nintendo était là pour montrer à tous les amateurs de football que la genèse de leurs Pro Evolution Soccer et autres FIFA n'était ni plus ni moins que la pure expression d'un match de football dans sa plus grande simplicité. L'arcade n'était pas en reste, puisque Pang a efficacement retenu bien des visiteurs. Son concept simple alliant réflexes et rapidité (sans pour autant confondre vitesse et précipitation) a séduit en particulier Emilie, mais cela avait déjà été le cas lors de la dernière édition. La passion et la nostalgie n'ont pas manqué à M. De Gendt, absorbé par le grand Bomb Jack (sur un Amstrad CPC 6128), un jeu anodin en apparence, mais terriblement corsé en réalité. Avec un score proche de 200000, il a mis tout le monde d'accord, même s'il a été l'un de seuls à y jouer, passant près de deux heures à marteler les boutons d'un joystick qui lui a visiblement tapé dans l'oeil. Non loin de Bomb Jack, on retrouvait l'une des adaptations Bubble Bobble, ce sur Amiga 600. Il s'agit de Parasol Stars. Le concept demeure le même, à ceci près que l'on n'incarne plus un dinosaure qui crache des boules vertes, mais un jeune garçon qui a pour seule arme son parasol. Sega a incontestablement été l'une des stars de cet événement, avec une troisième Megadrive (la première du nom, plus solide et plus connue du public que la Megadrive II) sur laquelle tournait Road Rash. Que de jeunes indolents se sont amusés à frapper leur adversaires à coups de poing ou même de batte avant de subir la loi de la gendarmette O'Rourke. Egalité entre les Megadrive (Streets of Rage, Sonic et Road Rash), les Amiga (Pang, Dynablaster et Parasol Stars) et les Amstrad. Eh oui, en plus d'un décevant Fruity Frank et d'un alléchant Bomb Jack, Ikari Warriors a fait son petit bonhomme de chemin au milieu de classiques, ce qui ne l'a pas empêché de recueillir quelques suffrages. Le jeu avec un pad Amstrad en a certainement rebuté plus d'un. Acrobates (sur une Videopac) a agréablement surpris ceux qui s'étaient évertués à l'afficher de façon optimale sur un moniteur Amstrad CTM644-2 posé sur son tuner MP-3 : tout en déclenchant de prime abord l'hilarité des joueurs, certainement par ses graphismes sommaires et bênets, il a fini par les passionner. Les Point'n click, têtus et résistants, ont emprunté l'ultime brèche qui leur restait en s'incrustant sur un Pentium I. Malheureusement, force fut de constater qu'après le cuisant désintérêt manifesté par les visiteurs envers Myst les deux dernières années, Shivers (le jeu de Sierra qui, comme l'indique son nom, donne des frissons) n'allait pas remonter la barre bien plus haut. Il doit être relativement frustrant et inintéressant de se retrouver face un écran désespérément fixe après chaque clic d'une souris ordinaire, alors que de magnifiques contrôleurs ancestraux n'attendent que d'être pris en main, pour une maniabilité d'enfer. Enfin, qui dit PC dit Macintosh ! Egalité là aussi parfaite entre deux PC (pour One Must Fall et Shivers) et deux Macintosh. Le premier d'entre eux, un Macintosh Classic, a déjà été évoqué un peu plus haut. Le second, un LC III, permettait de s'essayer à Maelstrom, un clone d'Asteroids particulièrement réussi. Parallèlement, il fut regrettable que le lecteur disquette d'un Atari ST en pleine forme fût si contrariant. Lemmings, le vingt-troisième jeu, n'aura donc jamais été en mesure de fonctionner. C'est à coup sûr le regret numéro un à exprimer au sortir de cette journée de folie, commencée tôt le matin pour la dream team. Venons-en justement à cette équipe qui, faut-il le répéter, a réellement cassé des briques cette après-midi-là, et sans laquelle rien n'aurait pu se dérouler. Arthur a cette année laissé sa place à Victor, un élève en sciences de l'ingénieur dont les connaissances en électronique et en informatique ont considérablement accéléré le travail. Emilie et Florian, toujours guillerets, s'en sont visiblement donnés à coeur joie, sans compter. Mathieu n'a pas non plus manqué à l'appel, plus motivé que jamais. A sa mini-chaîne s'est discrètement ajouté un tourne-disque qui a fièrement fait tourner quelques vinyles des plus célèbres chanteurs et groupes des années 80, le tout dans une ambiance orientée disco et pop-rock. Yann est arrivé en retard, après une séance sans aucun doute bienfaisante de Taï-Chi. A peine arrivés, il a fallu disposer les tables en carré après avoir peiné à déplacer les chaises. Les branchements ont été une affaire de patience, tant le stock de multiprises était limité, ayant pour conséquence une impossibilité catégorique de laisser des prises inutilisées. Rentabilité ou facilité, on ne pouvait vraiment pas choisir ! Pis, les connectiques d'avant-guerre de certains appareils ont posé quelques problèmes aux copains de la team. Après quelques hésitations et quelques inversions de ĉables, tout a fini par s'allumer, ce qui a suffi à l'émerveillement général. Bonne nouvelle, les machines avaient survécu à ce déplacement d'une dizaine de kilomètres. C'est ainsi que les remerciements les plus sincères vont à Florian, qui a accepté de transporter quelques consoles, micro-ordinateurs et écrans dans une Scénic à l'habitacle et au coffre volumineux. Une décoration de circonstance a rapidement vu le jour sur les murs extérieurs de la salle, avec quelques photographies recyclées de l'an dernier et des bouts de papier découpés en hâte, sur lesquels Emilie avait soigneusement écrit les noms des jeux disponibles à l'essai pour le public, fervent comme à son habitude. Petite pensée au passage pour un lycéen qui aurait sans doute passé le plus clair de son après-midi à cet atelier si sa copine n'avait pas été là pour lui éteindre la Game Boy entre les mains et l'éloigner discrètement d'un pad Megadrive qui lui tendait les bras. Décidément, ce que femme veut... Les quelques messages reçus notamment sur Facebook d'anciens camarades de classe déçus de n'avoir pas été informés par le lycée de la tenue de cette manifestation laissent à penser que le retrogaming est une pratique qui n'est pas près de s'essouffler. L'avenir est avant tout fait d'espoir, c'est la leçon que l'on retiendra ! On soulignera en dernier lieu le dépit à l'allumage de la prise maîtresse. Yann n'étant pas encore présent, l'attente pesante, convertie peu à peu en un stress intenable, a eu raison des nerfs de tout un chacun : pour la première fois en trois années de labeur, il n'aura pas mis en marche cette prise... mais cela n'est rien pour l'informaticien...

Voici venue l'heure des traditionnels remerciements, ceci dit amplement mérités. L'ordre alphabétique des prénoms reste le plus amical :

Emilie Jacques Pour ta première année, un dévouement sans faille et de l'énergie à revendre.
Florian Cavodeau Nickel sur toute la ligne, pour l'installation comme pour l'accueil et le rangement.
Mathieu Duffner Un grand merci pour la sono, mais le reste mérite aussi de francs remerciements.
Victor Efficace, sympa et preneur d'initiatives. A l'année prochaine, espérons-le.
Yann Ziegler Après trois ans, une aide d'une qualité toujours aussi remarquable.

Que vos commentaires soient aussi d'une qualité remarquable !

# Posté le mercredi 03 juin 2009 14:52

Modifié le lundi 29 juin 2009 11:04

L'initiateur du grand public : le Sinclair ZX81

L'initiateur du grand public : le Sinclair ZX81
Nombreux seront ceux qui soutiendront qu'en cette année de grâce 1981, la micro-informatique familiale connut une petite révolution. Au-delà de nos vents, passée notre frontière, (comme le chantait ce cher Jean-Jacques Goldman), à défaut des Etats-Unis, c'est au Royaume-Uni que naît le Sinclair ZX81. Clive Sinclair (désormais anobli par la reine) est l'homme à l'origine d'un projet fou qui aura fait le tour du monde et convaincu des millions d'utilisateurs à travers la planète. Faisant suite au ZX80 (beaucoup plus rare du fait de son manque de succès auprès des consommateurs), le ZX81 a initié à la programmation en Basic de jeunes adolescents qui sont parfois devenus programmeurs professionnels et qui codent aujourd'hui en C, en PHP ou encore en Visual Basic. Pour moins de 1000 francs, on pouvait se procurer un véritable micro-ordinateur aux possibilités certes limitées, mais tout à fait opérationnel. Articulée autour de quatre composants principaux (le bus de données, le processeur Z80, le circuit mémoire et le chip graphique), cette machine tient dans la main (le ZX81 mesure quelques 20 centimètres de côté et moins de cinq centimètres d'épaisseur). Avec son prix si bas, les performances s'en voyaient bien évidemment réduites par rapport à celles des Commodore et autres Amstrad qui allaient faire leur apparition sur le marché quelques années plus tard. En premier lieu, la vidéo est en noir sur blanc : il est par conséquent impossible de réaliser de jolis programmes agrémentés d'agréables dégradés multicolores. Cependant, le chapitre des tares dont souffre vaillamment le ZX81 est loin de se refermer. En effet, l'aspect sonore est lui aussi passé à la trappe à la fabrication : aucun circuit n'est présent pour gérer la production de son. Avec 1 kilo-octet de mémoire intégrée, ce micro-ordinateur demande de la réflexion dans la programmation afin d'économiser quelques précieux octets. Cette capacité mémoire, rappelons-le, constitue en tout et pour tout 1024 caractères, ce qui restreint le champ de possibilités accordées aux mordus de code, tout en requérant une concision des plus exemplaires. Quelques programmeurs de l'époque ont été portés en héros lorsqu'ils sont parvenus à créer de véritables chefs-d'oeuvre logiciels pouvant être exécutés avec la configuration mémoire d'origine. L'exemple le plus probant est sans conteste le mythique 1K Chess, mais qui est tout à fait jouable. Ce programme réussit la prouesse d'intégrer en moins d'un kilo-octet la majorité des règles du jeu d'échecs (il en omet quelques-unes trop complexes à programmer) et à offrir un niveau de jeu tout à fait acceptable. Dans son boîtier noir élégant, le ZX81 se rattrape quelque peu en proposant un langage de programmation complet et efficace. Le manuel d'utilisation est détaillé et définitivement pédagogique. C'est le troisième maillon de la chaîne qui pose plus de problèmes : il s'agit bien sûr de l'élément indispensable de tout micro-ordinateur, à savoir le clavier. On est bien loin du système mécanique de l'IBM PC (très en vogue à l'époque, voir l'article qui lui est consacré), si agréable au toucher et surtout hautement réactif ! Le ZX81 est lui équipé d'un simple clavier sensitif (ceci dit remarquablement complet, incluant des raccourcis vers les mots-clés du Basic, l'accès à des caractères graphiques et quelques fonctions de commande de l'affichage) qui prend de temps à autre en compte la frappe sur une touche, mais pas sur la suivante. En résumé, on se doit d'utiliser au plus deux doigts à la fois pour taper au clavier : la cadence d'entrée des données en est par conséquent fortement affectée. C'est ce paramètre si particulier à notre cher ZX81 qui a coûté à bien des exemplaires d'inénarrables insultes de la part de leurs propriétaires ou même un affront physique qui résultait bien souvent en des traces d'ongles sur le clavier. Heureusement, certaines sociétés eurent la bonne idée de commercialiser un clavier mécanique que l'on superpose à celui d'origine, épargnant de nombreuses crises de nerfs. La sortie vidéo se résume à un simple signal antenne délivré par le petit modulateur intégré. Il suffit alors de régler son téléviseur (ou son moniteur Amstrad avec tuner MP-3, la bête apprécie particulièrement ces petits signaux vidéo si difficiles à capter sur une télévision trop récente) sur le canal UHF 36 et le tour est joué. En passant, certains fanatiques ont décidé de récupérer ce signal antenne et d'en faire du composite, ce qu'ils ont exécuté avec brio par un montage requérant tout de même un peu d'expérience au fer à souder. Concernant l'alimentation, un simple bloc d'une tension de 9 Volts et d'une polarité centrale positive suffit à contenter l'électronique. A noter l'absence d'interrupteurs de mise en fonction : la machine se met en route dès qu'on la branche au secteur, à la manière de certaines consoles Videopac de Philips (voir l'article qui leur est consacré). Passé l'alimentation et la vidéo, le côté gauche de l'ordinateur abrite deux ports supplémentaires. L'un permet de lire des données depuis un magnétophone (le support de stockage étant donc la bonne vieille cassette audio) et celui qui lui est adjacent permet l'enregistrement de données sur ce même magnétophone. Pour l'informaticien en herbe, le véritable intérêt (dusse-t-il en exister un) du ZX81 est son port d'extension, si commun qu'il en devient compatible avec une infinité d'extensions. C'est ainsi que la masse d'extensions mémoire commercialisées connurent un succès fou, presque inattendu. Il était quand même infiniment plus sympathique de disposer de 16 kilo-octets de mémoire, le ZX81 en devenant compatible avec l'ensemble des programmes d'une logithèque colossale. Quelques autres extensions plus exotiques ne connurent pas leur heure de gloire, certainement à cause de leur prix et de leur utilité toute relative au moment de leur sortie. On citera entre autres un module accueillant deux joysticks à la norme Atari, un autre délivrant un signal vidéo en couleur, un troisième ajoutant des fonctionnalités sonores ou un dernier destiné à brancher un lecteur de disquettes ! Résolument limité, le ZX81 a vu son prix baisser jusqu'à la modique somme de 590 francs, voire 490 francs acheté en kit à monter soi-même (à réserver cependant aux dieux du fer à souder). Pour ceux qui ne possédaient pas de magnétophone, quelques 200 francs supplémentaires leur donnaient accès à un système de base mais tout à fait fonctionnel. Sir Clive Sinclair a donc largement contribué au franchissement du palier qui séparait encore les foyers de la micro-informatique, à l'époque où les ordinateurs étaient encore majoritairement destinés aux entreprises. Son ZX81 parviendra même à traverser l'Atlantique et à inonder le marché américain à partir de l'année suivante, sous le nom de Timex Sinclair 1000. Ce dernier est en tout point identique à son grand-frère "So British", si ce n'est que la mémoire de base a été étendue à 4 kilo-octets. Ah, ces américains, toujours en avance...

Ordinateur déniché au marché aux puces de Griesheim-près-Molsheim.
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# Posté le mercredi 06 mai 2009 09:38

Modifié le lundi 18 mai 2009 06:29

Tramiel résiste : l'Atari 520STe

Tramiel résiste : l'Atari 520STe
Atari n'est jamais mort, c'est ce que ce disait sans doute ce cher Jack Tramiel alors que Commodore et ses Amiga devenait un concurrent plus que sérieux sur le marché de la micro-informatique. Après plusieurs années fastes, notamment grâce à la mythique Atari 2600 (première console de salon ayant connu un véritable succès dans le monde entier, confer les quelques articles qui en traitent), Atari commence à sentir derrière lui le vent froid de ses adversaires d'une décennie, Commodore en tête. L'Atari 520STe ressemble fortement à son prédécesseur, le 520STf. Alors que ce dernier mettait l'accent sur le lecteur de disquettes intégré, l'intérêt de cette nouvelle mouture dont le nom ne diffère que d'une lettre est son extensibilité. Au chapitre des améliorations à oublier, on comptera l'adjonction de deux ports réservés à des joysticks 15 broches, sans pour autant assurer une compatibilité avec la connexion de type PC. Le véritable point fort de ce mircro-ordinateur au look inchangé depuis des années reste la présence d'emplacements réservés à des barrettes mémoire. On pouvait ainsi aisément (moyennant un bon allègement du porte-monnaie de tout un chacun) étendre la capacité mémoire de la bête, ce qui n'étendait pas pour autant la logithèque disponible à l'usage, ce pour une bonne et simple raison : si, avec les 512 kilo-octets de base, il est impossible d'exécuter les programmes qui requièrent par exemple 1 mégaoctet de mémoire RAM, l'incompatibilité de certains logiciels de base (donc peu gourmands en mémoire) avec des configurations de plus d'un mégaoctet de mémoire est criante. L'utilisateur, en ajoutant quelques barrettes au format SIMM 30 broches et d'une vitesse d'au moins 80 nanosecondes, devait par conséquent s'attendre à quelques caprices de la part de sa machine. Il pouvait alors, en dernier recours, l'ouvrir et déclipser les barrettes responsables de tels troubles. Seulement, les premiers modèles de 520STe (dont fait partie celui sur la photo ci-dessus) ne disposaient pas de ces emplacements standard ; bien au contraire, il fallait souder la mémoire sur des emplacements à l'apparence austère. L'utilisateur lambda ne se risquait guère à de telles manipulations sous peine de commettre un erreur irréparable et d'annuler par la même occasion la garantie. Il était donc plus ou moins condamné à évoluer avec une capacité mémoire fixe, ou du moins non réductible. Hormis ces quelques tares, le 520STe démontre une solidité à toute épreuve et se révèle agréable à utiliser. Il n'arrive pas à la cheville des Amiga aussi bien au niveau graphique que sonore, mais son prix aura tenté beaucoup d'acheteurs. De plus, le lecteur de disquettes double densité présente un format compatible avec le standard PC, alors que l'Amiga est dans un monde bien reclus avec son format exotique de 880 kilo-octets, là où l'Atari, bien que limité à 720 kilo-octets, s'ouvre plus ou moins au monde des compatibles PC. On regrettera la sous-exploitation du port cartouche, un système de stockage à l'épreuve du temps ainsi que des plantages et surtout on ne peut plus rapide. Les musiciens en herbe seront ravis par la présence de ports MIDI (Musical Instrument Digital Interface) qui font des ST de véritables bêtes de course musicales, si l'on utilise de bons logiciels comme le célèbre Cubase. Concernant les graphismes, la haute résolution n'est accessible que si l'on dispose d'un moniteur dédié (le SM124 par exemple) noir et blanc. Ceci dit, quelques utilitaires ont été développés pour permettre de simuler un écran mono haute résolution sur un simple téléviseur, en logeant un petit programme en mémoire RAM. Derniers fiefs d'Atari dans la micro-informatique accessible à toute bourse (il en va autrement pour le Falcon), le 520STe et son jumeau à 1 mégaoctet (le 1040STe) sont résolument des machines de bonne facture qu'il fait bon ressortir du placard de temps à autre.

Micro-ordinateur trouvé dans la benne informatique de la décharge de Boersch.
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# Posté le dimanche 12 avril 2009 08:37

Modifié le mardi 05 mai 2009 05:35

Le compatible par excellence : l'Amstrad PC1512

Le compatible par excellence : l'Amstrad PC1512
En 1986, le Personal Computer n'avait pas la définition qu'on lui connaît aujourd'hui, ni même son apparence. Si actuellement, un PC se définit tout simplement par sa différence avec un Mac, le même acronyme désignait dans les années 80 toute machine d'usage non-professionnel rigoureusement compatible avec le mythique IBM PC. En ces temps où l'on était encore bien loin d'imaginer que Microsoft et IBM allaient ensemble prendre le leadership de la micro-informatique, le système d'exploitation à disquettes (en anglais, rien de plus ni de moins qu'un DOS) était destiné à s'imposer comme le logiciel de référence, capable d'effectuer de nombreuses tâches sans donner le tournis à l'utilisateur. Le PC1512 fut le premier ordinateur produit par Amstrad à entrer dans la catégorie des compatibles PC. Il tourne subséquemment sous un bon vieux DOS, peu importe lequel (MS-DOS, DR-DOS et quelques autres passés plus inaperçus permettront d'utiliser le PC1512). La mémoire vive, d'une capacité totale de 512 kilo-octets, peut être étendue à 640 kilo-octets. Impossible cependant d'aller outre cette limite fatidique qui a longtemps posé des problèmes aux utilisateurs, puisque le PC1512 ne dispose d'aucun emplacement destiné à accueillir quelques barrettes de mémoire étendue ou expansée. Couplée à un processeur 8086, cette mémoire quelque peu poussive ne permet pas l'utilisation intensive de programmes gourmands en ressources système. Aussi, les graphistes et autres joueurs acharnés auront tôt fait de passer leur chemin. Ce point de prime abord négatif n'est pas étranger au prix très abordable de la configuration de base (un PC pour moins de 10000 francs), qui reste parfaite pour de la bureautique de base et quelques extras sonores ou graphiques. Amstrad, dans sa logique de compatibilité à toute épreuve, a mis sur le marché un ordinateur fiable et à la fabrication ingénieuse, qui permet de profiter de la quasi totalité des programmes disponibles pour l'IBM PC, ce à moindre coût. Sur la photo ci-dessus figure un Amstrad PC1512DD. Cette étrange consonne double signifie "Double Disk", ou plus simplement que deux lecteurs de disquettes (souples et double densité, donc de 360 kilo-octets, pas un de plus) sont installés d'origine. Cela signifie aussi intrinsèquement qu'il existait un PC1512SD, qui ne disposait que d'un seul de ces lecteurs (mais qui incluait souvent en contrepartie un disque dur de quelques dizaines de mégaoctets). L'ancien propriétaire de la machine photographiée, certainement lassé de l'effet grille-pain dû à la faible capacité de stockage de ces unités à 5,25 pouces, a remplacé la seconde par un lecteur 3,5 pouces non seulement résolument plus moderne, mais qui offre à l'utilisateur 720 kilo-octets par disquette. Il est tout de même regrettable que le contrôleur intégré à la machine ne gère pas la haute densité, ce qui, en 1986, aurait été une aubaine aussi bien qu'un luxe. S'il est rigoureusement impossible d'ajouter de la mémoire, trois emplacements autorisent la mise en place de cartes d'extension diverses, allant de la carte son au contrôleur de disque dur. Ces dernières cartes, difficiles à trouver de nos jours, ont épargné les nerfs de bien des particuliers qui s'exaspéraient régulièrement à ajuster le volume du haut-parleur monophonique ou à insérer la disquette de démarrage à chaque allumage. La machine est légère, mais cela s'explique par la continuité de la politique d'Amstrad depuis ses CPC (voir les articles qui y font référence), à savoir le tout-en-un. L'alimentation est en effet intégrée à l'écran dans un souci de minimisation de l'espace occupé par le PC sur un bureau. Malheureusement, cela revient à dire que si l'écran vient à faillir, c'est l'ensemble qui se retrouve au carreau. De plus, on frôle la déprime à se cantonner des années durant au moniteur Amstrad (monochrome ou couleur selon les besoins) alors que de nouveaux écrans grand format et dernier cri ne cessent de voir le jour sur le marché informatique. A noter que cet écran permet d'afficher en monochrome (MDA) ou en 4 couleurs (CGA), voire 16 (mode Super-CGA, très peu utilisé tant il consommait des ressources). Au même titre que ce satané écran, le clavier et la souris, d'un format propriétaire, représentent le seul choix laissé à l'acheteur. Heureusement, l'ensemble s'est avéré très solide et fonctionne encore dans la plupart des cas. Sur la droite de la photographie, on peut apercevoir un objet qui fait contraste avec les teintes à dominante blanc crème de l'ensemble, et cette différence tient à cette seule impasse à la règle du format propriétaire : à l'arrière du clavier, Amstrad a eu l'ingénieuse idée d'intégrer une prise joystick au format Atari ! La gamme des contrôleurs de jeu s'élargit ainsi en un rien de temps. Au niveau logiciel, le PC1512 gère intelligemment ces périphériques aimés des joueurs en effectuant un "mapping" des touches directionnelles du clavier. En quelque sorte, incliner le contrôleur vers le bas revient à presser la touche directionnelle pointant vers le bas et ainsi de suite. Plus folklorique mais non moins intéressant, les disquettes système fournies avec la machine sont au nombre de quatre et frappent par leur couleur vive (une rouge, une jaune, une bleue et une verte), qui différencie chacune des trois autres au premier coup d'oeil. Un autre fait marquant réside en l'implantation d'un BIOS sauvegardé non pas par la sempiternelle pile plate au lithium intégrée à la carte mère et d'une tension de quelques 3 volts, mais par quatre piles des plus communes (format LR6 à 1,5 Volts), qui plus est accessibles directement en dégageant l'écran de son support (qui n'est autre que le PC1512). Une machine qui a, comme ses prédécesseurs de la même marque, connu un succès indéniable, conquérant une bonne partie du marché.

Merci à Charley Muller (l'autre retrogamer de la promotion) pour cet échange contre des jeux Videopac.
Vos commentaires aussi connaîtront un succès indéniable !

# Posté le jeudi 05 mars 2009 04:56

Modifié le jeudi 05 mars 2009 12:33